Le Salkantay Trek en solo, sans agence et sans tente

Le Salkantay Trek en solo, sans agence et sans tente

Le Salkantay Trek en solo, sans agence, sans tente, sans équipements de camping, sans réservations et sans nourriture ? C’est possible ! Dans cet article, vous trouverez un guide complet du Salkantay Trek. Des informations sur les logements, la nourriture, les transports, le parcours, la difficulté ou encore le prix. Mais également le récit de ces 5 jours de trek. C’est parti !

Avant toute chose, une petite précision. Tous les acteurs du tourisme nous ont dit qu’il n’était pas possible de faire le trek du Salkantay sans tente. Même l’agence de tourisme de Cusco nous a dit qu’il n’y avait pas d’auberges sur le chemin. C’est faux.

Nous avons demandé à des voyageurs qui avaient fait le Salkantay Trek, beaucoup nous ont dit que ce n’était pas possible, certains nous ont dit que oui. Nous avions trouvé quelques rares informations sur les auberges, sans vraiment savoir si elles étaient toujours d’actualité. Finalement, on a décidé de le tenter avec juste un sac à dos avec des vêtements et un peu de nourriture (mais pas assez pour 5 jours). Et on a bien fait !

Nous avons effectué ce trek en juin 2019. Si vous avez fait le trek du Salkantay et que certaines des informations dans l’article ne sont plus d’actualité, n’hésitez pas à me laisser un commentaire.

Le Salkantay Trek, qu’est ce que c’est ?

  • 80,5 kms
  • 2400m de dénivelé positif
  • 4000m de dénivelé négatif
  • Trek difficile

C’est un trek de 5 jours et 4 nuits qui se situe dans la région de Cusco. Il permet de se balader dans la région montagneuse du Salkantay avec un but ultime : arriver le dernier jour au Machu Picchu. Le trek offre des paysages incroyables : montagnes, lagunes, jungle, cascades, rivières, rencontre avec les lamas… Un régal pour les amateurs de randonnées !

Pourquoi faire le Salkantay Trek sans agence et sans tente ? 

On a toujours préféré faire les choses sans agence. J’ai le rythme d’un marcheur moyen, et plutôt lent quand ça monte. Je n’avais vraiment pas envie de me retrouver dans un groupe avec la pression d’un guide qui m’impose un rythme qui n’est pas le mien. En plus, le chemin est tellement bien défini et il y a tellement de monde qu’il est quasi impossible de se perdre sur le trek du Salkantay. Et en cas de doute, tout est indiqué sur Maps.me. Par la suite, nous avons fait un trek de 8 jours dans la région de Huaraz avec une agence. Le trek était magnifique mais nous n’avons pas apprécié l’expérience avec l’agence car nous n’étions pas libres de nos choix.

On aime beaucoup la randonnée. Depuis le début de ce tour du monde, nous avons fait une multitude de randonnées et même deux treks de plusieurs jours : le Trek W à Torres Del Paine au Chili et le Trek du canyon de Colca au Pérou (article à venir). On aime marcher, mais on aime pas forcément marcher avec 10 kgs de matos sur le dos. On préfère donc les treks où il est possible de dormir dans des campements où la tente est déjà installée ou dans des auberges sur la route. 

C’est pour cela qu’on a tenté le Salkantay Trek en solo, sans agence et sans tente.

Notre parcours sur le Salkantay Trek

  • Jour 1 : Soraypampa – Humantay Lake – Soraypampa / 7 kms  et +450m  – 450m de dénivelé
  • Jour 2 : Soraypampa – Chaullay / 22 kms et +800m -1800m de dénivelé
  • Jour 3 : Chaullay – Lucmabamba / 17 kms et -900m de dénivelé
  • Jour 4 : Lucmabamba – Aguas Calientes / 21,5 kms et +800m -1050m +350m de dénivelé
  • Jour 5 : Machu Picchu – Aguas Calientes – Hidroelectrica / 13 kms et -800m de dénivelé

Il y a plusieurs parcours sur le trek du Salkantay. La différence se fait principalement le 4ème jour. Nous sommes passés par le point de vue de Llactapata qui permet d’avoir une vue sur le Machu Picchu au loin. Certains groupes passent plutôt par Santa Teresa pour profiter des sources d’eau chaude. Mon conseil : si le temps est mauvais, vous ne verrez pas grand chose depuis Llactapata. Il vaut mieux donc passer par Santa Teresa.

Bien souvent, le trek démarre à Mollepata. Nous avons décidé de commencer le trek plus loin, à Soraypampa. Plusieurs raisons à cela. Déjà, il fallait qu’on s’assure un logement. Il y a vraiment peu de logements à Soraypampa, ce n’est pas vraiment une ville mais plutôt une concentration de lodges et de campings. On voulait aussi éviter de faire une trop grosse journée afin de se ménager pour le deuxième jour, réputé comme le plus difficile du trek.

Le Salkantay Trek en solo, sans agence et sans tente
Vue sur le Machu Picchu le 4ème jour

Les transports vers le Salkantay Trek

Pour se rendre au départ du Trek de Salkantay, il faut prendre un colectivo pour Mollepata au coin des rues Arcopata et Umanchata. Puis, il faut prendre un deuxième colectivo pour Challacancha ou Soraypampa. Les deux colectivos coûtent au total environ 30 à 35 soles.

Pour cette partie là, nous sommes passés par une agence. Bon ok on a triché ! La vérité c’est qu’on ne voulait pas prendre le risque de devoir attendre jusqu’à 1h que les colectivos se remplissent. On a donc choisi la solution de facilité. Pour 42 soles par personne, nous nous sommes rendus à Soraypampa avec un groupe qui visitait le lac Humantay à la journée. Nous avions fait la veille le tour des agences afin d’en trouver une qui accepterait de nous vendre un billet aller. Il vaut mieux y aller le soir, les agences sont plus enclins à accepter car elles peuvent de cette façon remplir les dernières places de leurs bus.

Sur place, le guide n’avait pas l’air au courant que nous n’avions réservé que le transport. Il n’a donc pas fait la distinction entre nous et le reste du groupe au moment du petit-déjeuner (qui n’était pas inclus pour nous normalement). Petit-dej gratuit, donc !

A la fin du trek, pour rentrer à Cusco depuis Hidroelectrica, nous avons pris un colectivo. Ce n’était d’ailleurs pas vraiment un collectivo mais plutôt une agence cherchant à remplir les quelques places libres de son véhicule. Nous l’avons négocié à 32 soles par personne. C’est plutôt drôle car la négociation s’est faite entre moi et le policier qui discutait avec le chauffeur au moment de notre arrivée ! Le trajet dure entre 6 et 7h et la route est très sinueuse. Attention, en fin d’après-midi il n’y a plus de transports pour Cusco.

Le Salkantay Trek en solo, sans agence et sans tente
Paysage du trek Salkantay

La nourriture pour le Salkantay Trek

Il n’est pas nécessaire de se charger en nourriture car on en trouve facilement sur la route. Il y a pleins de petites « tiendas », des échoppes qui vendent des boissons, des snacks, des conserves, des fruits et des légumes. A l’exception du deuxième jour, on trouve des restaurants sur la route qui proposent le déjeuner entre 7 et 10 soles. Le premier jour à Soraypampa, le troisième jour à Playa et le quatrième jour à Hidroelectrica.

Pour les petits-déjeuner et les dîners c’est assez simple, les hébergements proposent également le couvert pour 10 soles par repas. À Aguas Calientes, ville ultra-touristique, il y a beaucoup de restaurants. Mais il est difficile de trouver un menu à moins de 15 soles.

Pour économiser un peu, nous avions fait quelques courses à Cusco, principalement des snacks, du thon et des tortillas pour les déjeuners. On a racheté du thon et des avocats en route. L’eau coûte 10 soles pour une bouteille de 2,5 litres. Sur le chemin on trouve des sources d’eau, idéal si vous avez une gourde filtrante.

Le Salkantay Trek en solo, sans agence et sans tente
Le dîner (mais non olala)

Les logements sur le Salkantay Trek

En premier lieu, il faut savoir que la grosse majorité des logements ne sont pas sur Booking et n’ont pas de présence en ligne. Difficile donc de réserver quoi que ce soit. Il faut y aller directement et tenter sa chance. Lors de notre passage en juin 2019, nous étions à chaque fois les seuls personnes dans les auberges.

Jour 1 : Soraypampa

Soraypampa n’est pas vraiment une ville mais un endroit où se trouvent de nombreux campings. Nous avons trouvé deux options à petits prix :

Soraypampa Guest House : Notre auberge, assez spartiate mais qui fait l’affaire. Elle est située juste à droite après le parking. Il n’y a pas de douches. Heureusement on avait prévu les lingettes ! Ils ont 6 chambres de disponible. 50 soles la nuit pour une chambre avec 2 lits simples. Attention, il fait plutôt froid la nuit.

Camping Humantay : Chambres en dortoir de 6 pour 30 soles par personne. En supplément, il faut louer des sacs de couchages ou avoir le sien. La propreté laissait à désirer. Il se trouve à droite du chemin qui mène à la lagune.

Option gros budget : Deux établissements proposent des genre de « bulles » en location pour la nuit. Le Salkantay Lodge à 80 dollars la nuit et le Soray Ecocamp à 150 dollars la nuit. On a pu voir les chambres du Soray et effectivement c’est 100% confort et moderne. 

Tous les autres établissements que nous avons visité ne voulait pas nous louer de chambres « car les réservations se font à Cusco en agence ».

Jour 2 : Chaullay ou Colpapampa

Salkantay Hostel : Notre auberge pour 55 soles la nuit pour une chambre double avec salle de bain privée. Encore une fois, le confort est spartiate mais la douche chaude nous a fait un bien fou.

Capulichayoc : Cette auberge se situe un kilomètre plus loin à Colpapampa, sur la route principale. Les propriétaires sont charmants et proposent 4 chambres pour 30 soles la nuit.

Jour 3 : Lucmabamba

Sonia y Walter Hostal : En fait cette auberge n’a pas de nom. En arrivant dans le village, demandez la maison de Sonia, on vous dirigera au bon endroit. On a adoré cette auberge ! Les lits sont immenses et ultra confortables. Les produits que Sonia cuisine viennent tous de sa ferme, les repas sont donc on ne peut plus frais. On a payé 60 soles pour une chambre avec salle de bain privée, et ça les valait largement. Il y a 4 chambres. 

Il y a au moins 4 autres auberges à Lucmabamba, avec des chambres ou des dortoirs. Je n’ai pas leurs noms (d’ailleurs, la plupart n’en ont pas) mais il suffit de monter les marches sur la colline pour les trouver. 

Jour 4 : Aguas Calientes

Il y a l’embarras du choix à Aguas Calientes. Nous avons loge à Renato’s House à l’entrée de la ville pour 60 soles la chambre double avec salle de bain privée. WiFi et eau chaude illimitée. 

Option gros budget : Tierra Viva, hôtel plus que classe dans lequel on aurait beaucoup aimé séjourner !

Le Salkantay Trek en solo, sans agence et sans tente

Que faire si tous les logements sont complets ? C’est quoi le plan B ? 

Comme il n’est pas possible de réserver, le risque de se retrouver sans logement est présent. Malgré tout, le plus important c’est de ne jamais démarrer une journée tard, pour éviter que les logements soient complets. Évidemment, si les hébergements cités dans l’article n’ont plus de place, la première chose à faire c’est de demander aux locaux s’ils connaissent une autre solution. Il y a peut-être quelqu’un qui connaît quelqu’un qui a un chambre de libre. Avant de démarrer ce trek, j’ai réfléchi à des plans de secours, au cas où. Cela dit, on en a pas eu besoin car nous étions toujours les seuls dans nos auberges le soir.

Jour 1 : À Soraypampa, si tous les logements sont pleins (ou ne veulent pas de vous), il y a moyen de dormir dans les petites cases destinées à accueillir les tentes. On peut louer des sacs de couchages au camping. Ça ne sera pas la nuit la plus confortable mais ça peut faire l’affaire, au pire du pire.

Jour 2 : Il y a beaucoup de campings à Chaullay et Collpapampa, certains ont des dortoirs. Souvent réservés aux agences, ils auront peut-être des lits de libre.

Jour 3 : Si les auberges de Lucmabamba sont pleines, il y a deux solutions. La première est de retourner à Playa et Sayahuaco (2,5 kms avant). J’y ai vu deux auberges. L’Hospedaje el Sol en pleine ville et une autre dont je n’ai pas vu le nom mais qui se trouve à la sortie de la ville, juste avant le camping Mayta Capac. La deuxième est de marcher 10 kms de plus jusque Santa Teresa où vous trouverez un logement sans problème.

Jour 4 : Impossible de ne pas trouver un logement à Aguas Calientes, c’est LE camp de base de tout ceux qui visitent le Machu Picchu.

Le Salkantay Trek en solo, sans agence et sans tente

Ne pas faire le Trek de Salkantay si :

  • Vous n’aimez pas la foule et vous recherchez un trek en dehors des sentiers battus. Le trek de Salkantay est vraiment très populaire. C’est l’alternative facile et pas cher à l’inca Trail. Il y a vraiment beaucoup de monde, ça ressemble parfois à une autoroute… 99% des gens sont là en groupe avec une agence, ce qui donne une impression de troupeau qui avance à la queue leuleu.
  • Vous n’avez pas d’entraînement physique. Le trek est quand même compliqué car il y a de longues montées, qui plus est en altitude. Le souffle se fait court très vite. Il ne faut pas être surentraîné, si je l’ai fait c’est qu’il est accessible à un grand nombre. Mais si vous n’avez pas fait de sport depuis 2 ans, il faut peut être réfléchir à 2 fois avant de vous lancer. 
  • Vous souffrez du mal d’altitude à Cusco. Le trek monte jusque 4700m d’altitude donc si avez déjà des symptômes du mal des montagnes à Cusco, ce n’est pas une bonne idée.

Les mauvais côtés du Salkantay Trek

  • Il y a énormément de monde et tout est fait pour que les gens passent par une agence. C’est le gros reproche que je fais à la région de Cusco. Tous les acteurs du tourisme vous diront qu’il est compliqué de faire le trek en autonomie, qu’il n’y a pas d’auberges sur la route. C’est faux.
  • Même sur place, un bon nombre d’établissements appartiennent à des tours operators. Ils refusent de louer leurs chambres quand on leur demande sur place car il faut absolument réserver en agence à Cusco. Une situation complètement absurde car les chambres restent donc vides pour la nuit.
  • Tout le monde passe par une agence, on se retrouve souvent coincé à marcher avec des groupes.
  • Il y a beaucoup d’ânes, de mules et de chevaux sur les chemins. Et donc, tout autant de merde. Ces mêmes animaux ne sont d’ailleurs par traités dans les meilleurs conditions, on leur crie dessus et on les fouette même très régulièrement.
  • Enfin, les guides travaillent énormément. Nous avons eu l’occasion de discuter avec certains sur la route, l’un d’entre eux nous a dit qu’il enchaînait les treks sans jour de repos. Encore une bonne raison de ne pas passer par une agence, donc.
Le Salkantay Trek en solo, sans agence et sans tente
Le monde sur le Salkantay Trek

Conseils divers pour le Salkantay Trek

  • La plupart des hôtels de Cusco gardent les gros sacs à dos le temps du trek. 
  • Il faut prévoir plusieurs couches de vêtements, à mettre et à enlever au fur et à mesure de la journée car le temps change rapidement. Les deux premiers jours nous étions bien couverts, les derniers jours nous étions en short.
  • Il faut absolument prendre de la crème solaire, ça tape fort en altitude !
  • S’il y a deux chemins possibles, prenez celui que les ânes ne prennent pas (ça vous évitera de marcher dans la merde).
  • Le premier jour, laissez la plupart de vos affaires à l’auberge pour monter au lac Humantay.
  • Prenez de l’anti-insectes et mettez-en ! J’ais fais l’erreur de ne pas en mettre car j’étais couverte, les sandflies m’ont piqué à travers mon pantalon. J’ai encore les marques, deux mois plus tard…
  • N’oubliez pas votre passeport, indispensable pour rentrer au Machu Picchu et pour acheter les billets de bus.
  • Si vous rentrez à pied jusque Hidroelectrica, prenez vos sacs avec nous et laissez les à la consigne à l’entrée du Machu Picchu. Nous avons fait l’erreur de laisser les nôtres à l’hôtel et nous avons du faire un détour jusque la ville pour les récupérer. 

Le Salkantay Trek en solo, sans agence et sans tente

Le Salkantay Trek, le récit jour après jour

Jour 1 : Soraypampa – Humantay Lake – Soraypampa
  • 7 kms aller/retour
  • 450m de dénivelé
  • Temps : 1h15 pour monter, 1h30 au lac et 45min pour redescendre

Après avoir trouvé notre logement et y avoir déposé nos affaires, nous partons à l’assaut du lac Humantay. Il nous a fallu environ 1h20, depuis l’arrêt de bus, pour parcourir les 3,5kms vers le lac. Ça monte sévère ! L’altitude (nous sommes à quasiment 4000m) fait que le souffle se fait court très vite. Mais l’effort est récompensé car la lagune est magnifique, elle brille de milles couleurs. Et que dire de la montagne Tukarway située juste derrière, recouverte de neige immaculée ? Ce trek commence très bien.

Entre 13h30 et 15h il n’y a quasi personne. Les groupes du matin sont partis et ceux de l’après midi ne sont pas encore arrivés. On profite donc de la lagune, seuls. Une pause déjeuner très appréciée, un bonheur total.

Nous retournons ensuite à notre auberge, où le froid nous attend pour la nuit. La première nuit est vraiment la nuit la plus froide. Heureusement, l’auberge fournit une ribambelle de grosses couettes.

Jour 2 : Soraypampa – Chaullay (en passant par la Laguna Salkantaycocha)
  • 22 kms
  • 8 kms de dénivelé positif (+800m) puis 14 kms de dénivelé négatif (-1800m)
  • Temps : 9h dont 3h pour monter et 6h pour redescendre (avec les pauses)

C’est après 9h de sommeil que notre réveil sonne, à 6h du matin (oui, on s’est couché à 21h et alors ?). C’est la plus grosse journée du trek qui nous attend, près de 22kms dont 8kms de dénivelé positif. Le point le plus haut de la journée se trouve à 4600m d’altitude.

Il nous faudra 3h pour venir à bout de cette interminable montée. Je fais beaucoup de pauses pour reprendre mon souffle et les bâtons de marche nous aide énormément. En chemin, on croisera même des lamas sauvages qui tenteront de faire des bisous à Baptiste ! Les paysages sont magnifiques, nous sommes entourés par les montagnes enneigées Tukarway et Salkantay.

C’est avec une grande fierté que nous arrivons en haut, à 4600m d’altitude. Pleins d’énergie, et pour éviter les groupes qui font tous une pause ici, on s’engage dans la boucle qui mène à la lagune Salkantaycocha. D’un bleu étincelant, on prend une pause bien méritée devant cette merveille.

Il faut ensuite entamer la descente, 14kms mais plus de 1800m de dénivelé ! Le temps change lorsque nous arrivons à Huairaspampa. Un nuage gris menace la vallée. Mais il paraît que ce nuage stagne régulièrement à cet endroit. Ici, les paysages changent radicalement. On passe d’un paysage de montagnes à la jungle, la différence est incroyable. Les derniers kilomètres se font dans la boue, plus ou moins dense (selon la météo des jours précédents). Au bout de quasiment 6h de descente, nous arrivons enfin à Chaullay où l’auberge Salkantay Hostel nous accueille. Nous sommes crevés de cette journée, mais heureux d’avoir accompli ces 22kms de marche.

Jour 3 : Chaullay – Lucmabamba
  • 17 kms
  • 900m de dénivelé négatif
  • Temps : 6h (avec les pauses)

Le 3ème jour, on assiste à un véritable changement de décor. Ici, c’est la jungle. Les paysages se veulent verdoyants et tout le chemin se fait le long de la rivière Santa Teresa. Pour être honnête, ce n’est pas le jour le plus captivant car les paysages restent semblables toute la journée. C’est aussi le seul jour où le temps était gris, maussade. On croise de nombreuses cascades et il faut traverser quelques ponts en bois. Prudence les jours de pluie car certains endroits sont à flancs de falaise et peuvent s’effondrer suite à des coulées de boue.

Ne vous fiez pas au dénivelé négatif de cette journée car le chemin monte et descend constamment ! Globalement c’est plutôt plat, ça descend même mais il y a quand même de nombreuses montées qui rappellent légèrement celles de la veille. Il y a deux chemins possibles, le premier est le chemin de randonnée classique. Il est aussi possible de suivre la route réservée aux voitures qui a l’avantage d’être plate.

Comme nous sommes partis tôt, nous arrivons à Lucma à 13h, après 6h de marche. Nous trouvons rapidement une auberge où nous passerons l’après midi à nous reposer (dans des lits ultra confortables !). Une plus petite journée qui nous permet de récupérer avant la grosse journée du lendemain. Et tant mieux car une heure après notre arrivée, il s’est mis à pleuvoir des cordes !

On discutera pas mal avec notre hôte, Sonia, qui nous explique ne pas vouloir travailler avec les agences car elle préfère pouvoir discuter avec ses invités, ce qu’elle ne peut pas faire avec un groupe. On a vraiment adoré passer un moment avec elle et ses enfants, c’est une famille adorable.

Jour 4 : Lucmabamba – Aguas Calientes
  • 21,5 kms
  • 5,5 kms de dénivelé positif (+800m) puis 6 kms de dénivelé négatif (-1050m), puis 10 kms relativement plat (+350m)
  • Temps : 9h dont 3h pour monter, 3h30 pour descendre et 2h30 jusque Aguas Calientes

Après un excellent petit déjeuner de produits frais et préparés par Sonia, nous attaquons notre dernière grosse journée avant d’arriver au Machu Picchu ! Le ciel est bleu, la vue est extrêmement dégagée, c’est une belle journée qui s’annonce. Elle commence d’ailleurs par plus de 5kms d’ascension. Mais à notre grande surprise, la montée est beaucoup moins difficile que prévu. Le sentier monte progressivement et il y a beaucoup d’ombres. En chemin, on trouve une balançoire ! Elle coûte 1 sole mais l’expérience est unique.

Nous arrivons au point de vue de Llactapata après 3h et la vue est grandiose.  On peut apercevoir toutes les montagnes aux alentours et même… le Machu Picchu ! Il est tout petit bien sûr mais ça sera notre première rencontre avec lui. Nous avons beaucoup de chance car quand le temps est couvert, on ne le voit pas. Mais aujourd’hui, pas un seul nuage dans le ciel.

Il faut maintenant redescendre. En chemin, il est possible de visiter les ruines de Llactapata. La descente est longue, en lacets et ça glisse par moment (3 chutes pour moi !). A ce moment là, j’ai plutôt hâte que la journée se termine. Heureusement, à travers les feuilles on aperçoit parfois la montagne du Machu Picchu qui nous rappelle pourquoi on fait ce trek.

La dernière partie du chemin se fait à partir d’Hidroelectrica jusqu’Aguas Calientes, le camp de base du Machu Picchu. Ici, il faut marcher le long des rails du train. En fait, pour accéder à Aguas Calientes il n’y a que deux solutions. La première, si t’es riche, c’est de prendre le train qui coûte trois bras. La deuxième, si t’as pas envie de claquer ton argent, c’est de marcher le long des rails pendant que les riches te font coucou depuis le train.

Ce n’est pas la partie la plus agréable du trek. Même si nous sommes entourés par les montagnes, cela reste un chemin qui longe des rails, rien de transcendant hein. Il nous faudra environ 2h30 pour en venir à bout. Mais ça y est, nous y sommes ! Demain nous allons visiter le Machu Picchu.

Jour 5 : Machu Picchu – Aguas Calientes – Hidroelectrica
  • 13 kms
  • 3 kms de dénivelé negatif jusque Aguas Calientes (-450m) puis 10 kms relativement plat jusque Hidroelectrica (- 350m)
  • Temps : 3h15 dont 1h15 de descente jusque Aguas Calientes, puis 2h jusque Hidroelectrica (on a carburé au retour)

Aujourd’hui, c’est surtout un jour de visite. Les 4 jours précédents avait pour but de nous amener au Machu Picchu, c’est chose faite ! La veille, nous avons acheté nos billets de bus pour nous y rendre. Nos jambes sont fatiguées et pas question de gravir les 1ooo marches qui mènent au Machu Picchu à 5h30 du matin. Les billets pour le Machu Picchu, eux, s’achètent à Cusco.

Nous découvrons ce site grandiose, l’apothéose de ce trek. Le cadre est impressionnant, nous sommes entourés par les montagnes. Le site est extrêmement bien conservé et nous le parcourons avec admiration. Plus d’infos sur le Machu Picchu dans l’article dédié (à venir).

Néanmoins, le trek n’est pas fini ! Il faut encore retourner en ville chercher nos sacs puis marcher jusqu’à Hidroelectrica. Pour économiser un peu, nous ne prenons pas le bus mais descendons par les marches. En chemin on croise pas mal de monde qui monte, tous sans exception nous demandent à bout de souffle « Combien de temps jusqu’en haut ? ». On est contents d’avoir pris le bus pour monter.

Par curiosité (et par fatigue) nous demandons le prix du train jusqu’à Cusco : 115$ par personne ! Pour 110 kms ! On se résigne donc à marcher. Une fois de plus, ça ne sera pas la partie la plus fun du trek et on carbure pour en finir avec ce chemin de rail. Il nous faudra finalement 2h pour rallier Aguas Calientes à Hidroelectrica. Il nous faudra ensuite 6h de plus pour rentrer à Cusco en bus.

Le Salkantay Trek en solo, sans agence et sans tente
La fin du trek, une jolie vue !

Coût du Trek Salkantay sans agence

Transports (par personne) 

  • Bus Cusco – Soraypampa : 42 soles
  • Bus pour le Machu Picchu (aller) : 40 soles
  • Bus Hidroelectrica – Cusco : 33 soles
  • Total par personne : 115 soles

Billets (par personne) 

  • Entrée au Salkantay Trek : 10 soles
  • Entrée au Machu Picchu : 152 soles
  • Balançoire sur la route : 1 sole
  • Total par personne : 163 soles

Logements (pour 2)

  • Soraypampa : 50 soles
  • Chaullay : 55 soles
  • Lucmabamba : 60 soles
  • Aguas Calientes : 60 soles
  • Total par personne : 112 soles

Nourriture (pour 2)

  • Courses : 100 soles
  • Repas sur place : 130 soles
  • Eau : 40 soles
  • Total par personne : 135 soles

Coût du Salkantay Trek, tous compris : 522 soles par personne. Cela représente environ 138€ soit moins de 28€ par personne et par jour. A titre de comparaison, un trek en agence coûte en général 200$, soit 178€.

En conclusion

Le Salkantay Trek est magnifique. Les paysages s’enchaînent, ne se ressemblent pas et nous ont émerveillé tout au long de ces 5 jours, pour finir en apothéose avec le Machu Picchu. Ce trek aura été un vrai challenge pour moi, autant au niveau physique que logistique. Et on est plutôt fiers d’avoir relevé le défi. On vous invite à votre tour à tenter le Salkantay Trek sans agence et sans tente ! 

Le Salkantay Trek en solo, sans agence et sans tente
Le Salkantay Trek, un endroit d’exception

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5 Comments

  1. Perrine - Gones Away
    13 août 2019

    Merci pour cet article hyper complet ! Je pense qu’on va le tenter dans quelques mois, j’espère qu’on appréciera autant que vous !

    Répondre
    1. Aurore
      20 août 2019

      Merci beaucoup Perrine! N’hésite pas à me faire un retour si vous le faites 😉

      Répondre
  2. kikimagtravel
    18 août 2019

    Déjà quand je commence ton article et que je lis « Tous les acteurs du tourisme nous ont dit qu’il n’était pas possible de faire le trek du Salkantay sans tente. Même l’agence de tourisme de Cusco nous a dit qu’il n’y avait pas d’auberges sur le chemin. C’est faux. » je me dis qu’une fois de plus le monde du tourisme essaie de nous rouler dans la farine. Justement, en Auvergne on nous a dit qu’un sentier n’était pas faisable en cette saison, obligé de prendre le téléphérique, et justement c’était faux, c’était complètement faisable. Bref, merci pour ta sincérité et tes partages je sais je me répète mais je tenais à te le REdire =) Tu nous montres aussi que ce trek est plus économique et plus passionnant à faire soi même sans agences et librement, une façon de voyager plus écologique et respectueuse. Chapeau pour ce trek parce que ça devait pas être de la tarte !!! Je vous admire =)

    Répondre
    1. Aurore
      20 août 2019

      Merci beaucoup pour ton commentaire, ça me fait vraiment plaisir ❤️ C’est fou qu’en Auvergne on vous ait dit ça ! Autant au Pérou c’est un peu la « coutume » d’essayer de te dire que c’est pas possible pour pouvoir te vendre des tours et des taxis, mais alors en France c’est fou ! Comme quoi…

      Répondre
      1. Vanessa
        10 septembre 2019

        Nous allons nous lance début d’octobre pour le trek ! On pensais prendre les tentes maintenant j’hesite car un lit c’est pas mal quand même

        Répondre

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