Lors de notre étape à Cusco, nous avons décidé de visiter la vallée sacrée des Incas par nous-même, sans agence et sans guide. Dans cet article, vous trouverez toutes les informations et le récit de nos 2 jours dans la vallée sacrée.

La vallée sacrée

La vallée sacrée est généralement considérée comme incluant tout ce qui se trouve le long de la rivière Urubamba, entre les villes de Písac et Ollantaytambo. Pour nos deux jours dans la vallée sacrée, nous voulions visité Pisac, Ollantaytambo, Moray et Maras.

Pourquoi visiter la vallée sacrée sans agence ?

On a toujours préféré faire les choses en autonomie, comme lorsque nous avons visité le canyon de Colca ou le trek du Salkantay. Bien souvent, les visites guidées ne nous permettent pas de prendre le temps qu’on souhaite pour visiter un site. Nous voulions être maitres de nos mouvements et de notre temps et surtout nous voulions visiter la vallée sacrée en 2 jours, en dormant au moins une nuit à Ollantaytambo.

Nous pensions aussi qu’en choisissant nos horaires, il y aurait moins de monde sur les sites. Après s’être renseignés à l’office de tourisme iPeru sur la place de Cusco, nous avions toutes les informations en main pour pouvoir visiter la vallée sacrée en autonomie, sans agence. Pour commencer, nous avons du nous munir d’un Boleto Turistico.

Le boleto turistico, qu’est ce que c’est ? 

Le boleto turistico est un billet qui permet de visiter pas moins de 16 sites autour de Cusco. Il coûte 130 soles (~35€) et est valide 10 jours.

Il existent cependant d’autres billets, qu’on appelle les “billets partiels” et qui donnent accès à certains sites, sur une durée plus limitée pour 70 soles (~18€) :

  • Le boleto partiel #1 : Accès à Saqsaywaman, Quenqo, Puka Pukara et Tombomachay, valable 1 jour.
  • Le boleto partiel #2 : Accès au musée Qoricancha, Musée historique régional, musée de l’art contemporaneo, Pachacuteq, musée de l’art populaire, centre Qosqo, Tipon et Pikillacta, valable 2 jours.
  • Le boleto partiel #3 : Accès aux ruines d’Ollantaytambo, Pisac, Chinchero et Moray, valable 2 jours.

Nous avons pris le billet le plus populaire, c’est à dire le boleto numéro 3, que nous avons acheté sur notre premier lieu visité : Pisac.

Honnêtement, mon avis est plutôt mitigé sur l’offre des boletos turisticos. La raison est simple : il est impossible de visiter les sites du boletos #3 individuellement. Il faut obligatoirement acheter le package complet. Également, les billets partiels ne sont valables qu’un ou deux jours, c’est la course pour tout visiter. Il faut soit prendre une agence, soit le faire par soit-même en autonomie mais en se dépêchant. Nous aurions aimé pouvoir visiter les 4 sites sur 3 jours en restant un peu plus longtemps dans les villages aux alentours.

Bref, comme souvent à Cusco et dans ses alentours : tout est fait pour que l’on soit redirigé vers les agences. Sur le principe, je n’adhère pas. Mais ce système de “package” nous aura quand même fait visité des lieux que nous n’aurions peut-être pas fait individuellement (nous aurions probablement juste fait Pisac ou Ollantaytambo, mais pas les deux).

On a tout de même beaucoup apprécié ces 2 jours dans la vallée sacrée sans agence.

La Vallée Sacrée des Incas au Pérou, le guide sans agence
Lui n’a pas du payer son boleto

Jour 1 : Pisac et Ollantaytambo

Pisac

Comment se rendre à Pisac depuis Cusco ? Il faut prendre un colectivo Avenida Tullumayo à Cusco (ici sur la carte). Le colectivo part dès qu’il est plein. Le trajet dure un peu moins d’une heure et coûte 3 soles. 

Notre première journée dans la vallée sacrée sans agence commence à Pisac pour visiter les ruines. Nous avons laissé nos gros sacs à dos dans notre auberge à Cusco et sommes uniquement munis d’un petit sac à dos pour ces 2 jours dans la vallée sacrée. Pour se rendre aux ruines depuis le centre-ville, il faut soit faire 7 kms à pied soit prendre un taxi. Le chemin à pied est tentant mais c’est quand même plus de 500m de dénivelé sur 2,5 kms ! On attendra donc quelques minutes devant l’agence de taxi (après le pont) pour trouver d’autres touristes avec qui partager le taxi pour 30 soles la course.

Arrivés en haut, c’est le choc. Il y a un nombre inimaginable de minivans et de groupes de touristes. Depuis que nous sommes en Amérique du Sud, je n’ai jamais vu autant de touristes qu’à Cusco et ses alentours. Et 95% de tout ce petit monde est là avec un tour organisé. Le lieu est tout de même très joli, on admire d’abord les terrasses agricoles entourées par les montagnes. Puis les ruines et ce qu’il reste du site Incas. Les historiens pensent que Pisac servaient à garder l’entrée sud de la vallée sacrée. On observe aussi à Pisac les flancs de falaises qui servaient de tombes pour les villageois mais qui ont été pillés.

Nous avons choisi de redescendre au village de Pisac à pied et ce fut la meilleure partie de la visite. En effet, les agences ne vont pas sur ce chemin, il n’y a donc quasi plus personne. Il y a d’autres ruines sur le chemin et on observe les terrasses d’un autre point de vue. C’est une petite randonnée à ne pas rater pour échapper à la foule de Pisac et découvrir cette cité sous toutes les coutures.

Les mardis, jeudis et dimanches se tiennent un grand marché coloré dans le village de Pisac. Ici, peu de locaux font leurs courses dans ces allées colorées : c’est plutôt l’endroit parfait pour acheter des souvenirs. Pour manger pas cher à Pisac, il y a le marché couvert où nous avons mangé pour 5 soles (~1,3€) chacun.

Ollantaytambo

Comment se rendre à Ollantaytambo depuis Pisac ? Il faut prendre un colectivo sur la route principale (devant la station service) vers Urubamba (30 minutes, 4 soles). Arrivé en ville, il faut prendre un autre colectivo pour Ollantaytambo (30 minutes, 4 soles). Nous avions dit au premier chauffeur que nous souhaitions aller à Ollantaytambo (les locaux disent souvent Ollantay) et quand on a croisé une colectivo qui y allait il a demandé au chauffeur de s’arrêter pour que nous puissions y monter tout de suite. 

La forteresse d’Ollantaytambo est chargée d’histoire. C’est ici qu’ont eu lieu de nombreux combats entre Incas et conquistadors. C’est l’un des sites incas les mieux préservés puisqu’un bon nombre de batiments tiennent encore debout. Ce qui impressionne à Ollantaytambo, ce sont les terrasses qui constituent le coeur du site. Il n’y a pas moins de 200 marches et quelques lamas y trainent. Et à quasi 3000m d’altitude le souffle se fait plus court.

Ollantaytambo est une ville bien plus touristique que ce à quoi je m’attendais ! Nous n’avons pas eu de mal à trouver une bonne auberge bon marché (nous n’avions rien réservé et avons prospecté sur place) mais les rues étaient pleines de touristes. Et pour cause, beaucoup de personnes prennent le train à Ollantaytambo pour se rendre au Machu Picchu.

Bon, vous l’avez compris je ne m’attendais pas à voir autant de monde dans la vallée sacrée. Ou alors avions-nous mal choisi nos horaires ? Quoi qu’il en soit, le lendemain matin lorsque nous avons quitté la ville, les ruines étaient quasi désertes. C’est donc probablement le meilleur moment pour les visiter. En face de la forteresse, le site de Pinkuylluna est gratuit et vaut également le coup d’oeil.

Jour 2 : Moray et Las Salinas de Maras

Moray

Apres une nuit à Ollantaytambo, nous sommes prêts pour ce deuxième jour dans la vallée sacrée. Nous avons choisi d’aller d’abord à Moray puis de faire une randonnée vers les Salinas de Maras. C’est plus simple dans ce sens car le chemin descend. Dans l’autre sens, c’est 600m de dénivelé positif.

Comment se rendre à Moray depuis Ollantaytambo ? Il faut prendre un colectivo devant le marché jusque Urubamba pour 2 soles. Au terminal d’Urubamba, des colectivos proposent de vous amener à Moray pour 10 soles.

Les terrasses de Moray se visitent assez rapidement, en moins d’une heure c’est plié. La visite est intéressante mais il est vrai que sans guide, nous sommes probablement passés à côté de l’intêret du site. Pour moi, Moray ne représente pas un incontournable au Pérou mais comme il était inclus dans le boleto, ça aurait été dommage de faire l’impasse.

Las Salinas de Moras

Les chauffeurs de colectivos et même le personnel des terrasses de Moray nous ont dit qu’il était impossible d’aller à pied jusqu’aux Salinas de Maras. C’est faux. Comme souvent dans la région de Cusco, on vous dira qu’il est difficile ou impossible de faire les choses par vous-même. On vous proposera à la place une autre solution, plus coûteuse évidemment. Mais sachez qu’il y a un chemin pour relier les deux ! Il suffit de suivre le chemin piéton indiqué par Maps.Me qui relie Moray à Maras.

La randonnée entre les deux est vraiment sympa, même si elle démarre sur le chemin que les vans des tours organisés empruntent (mais il n’y en a pas tant que ça). On traverse la campagne péruvienne, entre les champs de blé et de quinoa et on s’étonne de voir à terre des milliers de petits coquillages ! Il faut environ 2h pour faire les 8 kms.

Les Salinas de Moras, ce sont des centaines de bassins, des salines, situés à flancs de montagne. Le site se trouve loin de la mer mais puise son sel dans une source de chlorure de sodium. Nous sommes arrivés au Salinas de Moras par le bas, nous ne sommes donc pas passés par le bureau pour acheter les tickets (car ce site n’est pas inclut dans le boleto turistico). Mais évidemment les employés veuillent au grain et un monsieur nous a vite demandé les 10 soles par personne dont on devait s’acquitter.

Je crois que les Salinas de Maras est le site que j’ai préféré sur ces 2 jours dans la vallée sacrée. Les bassins s’étendent à perte de vue et on y observe les femmes en tenues traditionnelles y travailler. C’est vraiment un endroit photogénique, fascinant et unique en son genre. Une façon parfaite de terminer cette visite de la vallée sacrée.

 

Comment rentrer à Cusco depuis les Salinas de Maras ? Nous avons continué notre descente dans la vallée jusqu’au village de Pichingoto. Nous avons ensuite attendu un colectivo sur la route principale (à côté du restaurant Tunupa) jusque Urubamba. Il suffit ensuite de prendre un bus pour Cusco au terminal d’Urubamba. Notre chauffeur de bus pendant ce trajet a appliqué la règle du “tant que ça dépasse pas par la fenêtre, on fait rentrer du monde”, le bus était blindé de monde ! Bienvenue en Amérique du Sud et ses transports locaux.

Coût de la vallée sacrée + Maras sans agence

Les prix sont donnés par personne

Transports : 29,5 soles

  • Colectivo Cusco – Pisac : 3 soles
  • Taxi jusqu’aux ruines de Pisac : 7,5 soles
  • Colectivo Pisac – Ollantaytambo (via Urubamba) : 4 + 3 soles = 7 soles
  • Colectivo Ollantaytambo – Moray (via Urubamba) = 2 + 10 = 12 soles

Billets d’entrée : 80 soles

  • Boleto turistico : 70 soles
  • Salines de Maras : 10 soles

Logement : 20 soles

Une nuit à Ollantaytambo au Killari Hostal pour 40 soles soit 20 soles par personne (petit-déjeuner compris)

Soit environ 130 soles (~35€) par personne pour 2 jours dans la vallée sacrée, tout compris.

Nous avons beaucoup aimé notre escapade dans la vallée sacrée et avons apprécié de pouvoir le faire sans agence, à notre guise et en prenant les transports avec les locaux. C’est une expérience que je vous recommande à mon tour pour une immersion complète dans la culture Inca.

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La Vallée Sacrée des Incas au Pérou, le guide sans agence

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